RAPPORT MORAL AG ADE 2007
(par Stéphane THIREAU)
Chaque année en France,35 000 ha de terres sont bétonnés ou bitumés auxquelles il faut
ajouter 20 000
hectares d'espaces verts, de jardins résidentiels, de
pelouses.
En Mayenne, avec
l'exemple de l'emprise LGV et de la plateforme multimodale, c'est
1300
hectares que nous perdons.
Le prélèvement se fait en
majorité sur les meilleures terres agricoles.
Il y a de quoi
s'inquiéter.
Ceci d'autant plus que l'on
soit exploitant ou propriétaire, la LGV porte atteinte à nos outils de travail
et à nos revenus.
Lors de l'enquête
publique qui s'est
déroulée du 1er juin au 31 juillet 2006, notre association a mobilisé toutes les énergies pour que le plus grand nombre (particuliers,
propriétaires, exploitants, communes) puisse s'exprimer et nous apporter des
témoignages sur leurs situations.
La mobilisation de notre
réseau a certainement contribué au même titre que d'autres à prolonger le délai
d'enquête publique jusqu'au 31 juillet.
Nous avons voulu que notre
contribution à cette enquête soit la plus complète possible.
Nous sollicitions entre
autres, la création d'un comité de suivi des opérations et travaux afin de
constituer une instance de recours à destination de toutes personnes dont les
intérêts ne seraient pas respectés lors des étapes à venir. Les préoccupations
touchent les relations avec les entreprises qui travaillent sur le terrain pour
le compte de RFF et dont la préoccupation n'est pas toujours celle de
l'exploitant agricole ou du propriétaire.
Les échanges que nous
avions eus avec les propriétaires et agriculteurs de la Marne
nous ont confortés dans cette analyse.
Une des conditions des
conclusions de la commission d'enquête concerne la constitution dans les 3 mois
de la déclaration d'utilité publique, d'un comité de suivi du projet dont la mission sera de suivre de manière concrète la
préparation de l'Avant Projet Détaillé en concertation étroite avec les
collectivités et les riverains.
Cette condition nous
satisfait pleinement.
Nous avons commencé à
travailler sur les premiers protocoles. Et il est évident que tout le travail
accompli tant dans le recensement des préjudices que le contenu des conclusions
de la commission d'enquête nous sont utiles pour construire nos demandes
d'indemnisation.
Le
devenir des exploitants dont le siège d'exploitation ou l'exploitation est remis
en cause nous inquiète au plus haut point.
Au cours de l'année 2006,
notre action a consisté à sensibiliser les élus, l'administration et RFF sur la
nécessité d'apporter des réponses techniques et financières à cette
problématique majeure.
Il faut malheureusement
avouer que les réponses financières sont presque inexistantes.
RFF nous disent qu'ils ne
peuvent rien engager tant que la DUP n'est pas sortie.
Toutefois, en ce qui
concerne les premières exploitations pour lesquelles les Domaines ont procédé à
une évaluation, nous sommes loin d'une analyse prenant en compte la valeur
économique des entreprises.
La question des droits
à produire, le sort des installations classées nécessitent la prise en charge d'études de faisabilité dont le coût ne doit pas être supporté par les
exploitants.
Nous l'avons dit lors de la
conférence de presse organisée chez E GOISBEAULT.
Nous le demandons à
nouveau, ceci d'autant plus que, dans le cadre du parc logistique multimodal
LAVAL-MAYENNE, la prise en charge financière de certaines études est déjà
décidée.
Il
faut des engagements des financeurs. On ne peut pas dire aux exploitants, il
faut partir et les laisser seuls supporter les coûts.
Nous rédigeons un cahier
des charges qui servirait de base aux pré études nécessaires au déplacement des
sièges d'exploitations. Ce cahier des charges permettrait de suivre des étapes
obligées (expertise des biens professionnels et privés, environnement,
urbanisme, incidences fiscales...) en partenariat avec la Chambre d'Agriculture
et la SAFER.
Concernant les productions
nous avions demandé la prise en charges d'études particulières sur des
productions spécialisées (élevages, fruits...). Rien de nouveau à ce sujet, sauf
qu'il apparaîtrait que les élevages équins font l'objet d'une étude dont, à
priori, le financement est assuré.
Les autres élevages
laitiers, volailles, porcs sont-il si peu importants pour qu'ils soient exclus
de la sorte ?
Il est évident que
l'absence de réponse à nos demandes est de nature à cristalliser notre
mécontentement.
La pré étude d'aménagement
foncier que nous avons appelée de nos vœux afin de
déterminer concrètement le périmètre perturbé doit être un outil managé par le
Conseil Général chargé de l'aménagement foncier.
RFF ne peuvent pas nier les
réalités (toujours dans le but de minimiser les indemnités à verser) et nous
estimons que certaines interventions de leur part n'ont pas leur place dans les
réunions locales.
Ce sont les perturbations
relevées qui doivent nous servir de seules bases pour définir la réelle
perturbation.
Notre vigilance de l'an
passé a permis une réelle mobilisation.
Nous ne devons pas baisser
la garde et nous n'accepterons pas que nos propriétés et nos exploitations
soient traversées sans compensation de toutes les pertes...
Cette exigence sera notre
ligne de discussion lors de nos prochaines rencontres avec
RFF.