Avec une réorganisation de la distribution du
courrier je savais bien que j'avais à y perdre, mais je ne m'attendais pas à du
mépris.
Le premier jour j'eu la surprise de trouver mon
courrier dans l'encoignure d'une fenêtre, exposé au vent et à la pluie, alors
que j'étais à la maison ! Coup de fil au receveur qui me répond :
-Mais monsieur, vous n'avez pas de boite aux
lettres.
-Ce n'est pas obligatoire à ce que je sache !
-Non, mais c'est
fortement conseillé.
-Fortement conseillé, peut être, donc ce n'est pas
obligatoire !
Je lui ai dit que j'aurais aimé faire la connaissance
de mon nouveau facteur, là dessus il m'a répliqué avec beaucoup d'ironie : mais
monsieur, on a changé de monde ! Je lui ai dit que j'aurais montré à ce facteur
où mettre le courrier (et prendre celui qui doit partir) quand il n'y a
personne. Agressif, il m'a lancé : si maintenant pour distribuer le courrier il
faut aussi ouvrir les portes, où va t'on?
Vous l'avez compris, notre conversation a rapidement
tourné au vinaigre, mais depuis, avec le facteur, les choses se sont
arrangées.
Le courrier c'est quelque chose de sacré parce que
c'est un lien entre les hommes. Ne pas le respecter, c'est ne pas respecter les
hommes.
On a changé de monde ! Ca on le sait, mais ce monde,
dans ce domaine comme dans bien d'autres, ne serait il pas en train de déraper
vers l'invivable ?
Paul PAUTREL
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