C'est ce que m'inspire le taux d'abstention des
élections du 14 mars. On dit notre démocratie malade, je le crois, ce n'est pas
d'hier mais cela s'aggrave. Je me dois de faire le rapprochement avec des
élections professionnelles qui ont eue lieu cet hiver (les élections aux
tribunaux paritaires des baux ruraux) et dont le taux de participation était
plus que lamentable.
En quelques dizaines d'années notre civilisation est
passée d'une société de travailleurs, de bâtisseurs, de gens qui avaient un
projet de société, des conceptions de la vie et une envie de faire bouger les
choses et les situations, et qui a obtenu des résultats quoi qu'en disent
certains, à une société de consommateurs, à une société de droits sans devoirs,
bref, à une société décadente.
J'entend parfois des réflexions dans le genre : ça ne
sert à rien de voter, les élus ne s'occupent pas de nous ! et souvent les
réflexions sont bien plus malveillantes.
Ce que ces personnes (déçues) oublient, c'est
qu'elles laissent le champs libre aux minoritaires qui eux savent se mobiliser,
travailler sans relâche et finalement imposer des solutions extrémistes à des
problèmes ordinaires.
Dans la vie, rien n'est acquis définitivement. Le
monde agricole devrait le savoir encore mieux que d'autres, et pourtant là aussi
le défaitisme s'installe.
Le défaitisme est une maladie mentale qui pousse un
individu au laisser-faire, à ne plus lutter pour assurer son avenir. Le
défaitisme est une trappe qui si on y met le pied vous fait basculer dans la
décadence. C'est une maladie qui s'attrape, mais aussi peut se soigner en
discutant avec d'autres et en s'informant. C'est une maladie à effet régressif
sur la personnalité humaine. Il n'y a pas de vaccin, seulement une action
préventive qui consiste à avoir un tempérament constructif.
Paul PAUTREL
Retrouvez chaque semaine le billet
d'humeur de Paul Pautrel sur notre site internet www.fdsea53.fr
Voir les
anciens billets d'humeur