Paris, le
12 février 2009
BILAN
DE SANTÉ DE LA PAC
Communication du Président de la FNSEA (JeanMichel
Lemétayer) à la
presse
***
Le Gouvernement va très prochainement
annoncer ses conclusions sur la mise en œuvre nationale du bilan de santé de la
PAC.
Pour
le syndicalisme agricole, les discussions sur la mise en œuvre ne sont pas un
exercice facile ; à la mesure de ce dossier complexe et déterminant pour
notre secteur. Après plusieurs réunions internes de concertation, le président
Jean-Michel
Lemétayer, a tenu les propos suivants à l'occasion d'une
conférence de presse tenue le 12 février.
La volonté du Président de la FNSEA a
été d'affirmer une logique politique du bilan de santé et non pas de rentrer
dans les détails des outils techniques qui relèvent du ministère de
l'Agriculture et du Gouvernement.
***
Dans
son exposé le Président a rappelé
trois principes, présenté quatre grands défis à relever et
exprimé cinq attentes.
►
RAPPELS DES PRINCIPES
1/
Le bilan de santé n'est pas une nouvelle réforme de la PAC
Les accords de 2003, mettant en œuvre
une nouvelle réforme de la PAC, prévoyaient de faire un bilan et de procéder aux
ajustements nécessaires. La prochaine réforme est prévue pour 2013, et elle se
jouera dès le débat budgétaire à venir.
Ce
bilan de santé nous a donné l'occasion de constater que la Commission reste constante
dans ses orientations avec sa volonté de mettre fin aux outils de
gestion de marché et de faire du " tout DPU/ha " l'axe central de sa politique.
2/
La FNSEA a toujours estimé que le découplage total des aides comme seul moyen de
mise en œuvre des soutiens ne constitue pas une politique
agricole :
C'est
la raison pour laquelle nous nous étions opposés à la réforme de 2003 même si
nous avons pris nos responsabilités lors de sa mise en œuvre en demandant un couplage maximum là où cela était
possible.
3/
Le bilan de santé est une étape lourde pour l'agriculture française :
Ce
bilan de santé va à l'opposé de nos conceptions de politique agricole. Il
abandonne la gestion de marché et s'engage vers toujours plus de
découplage et nous devons subir cette orientation.
1/
Maintenir sa dimension économique à la politique agricole commune avec des soutiens du
premier pilier légitimés dans leur existence et leurs objectifs.
2/
Consolider la politique de compensation des handicaps, d'installation des
jeunes, par un
acte de renforcement budgétaire du deuxième pilier.
3/
S'efforcer de corriger le système des soutiens aux exploitations basé sur des
références historiques en introduisant plus de souplesse, plus de réactivité, et plus
de flexibilité par le développement de l'assurance récolte, de la gestion des
risques et des aléas.
4/
Réaffirmer la cohérence des liens entre productions végétales et
animales, les deux
secteurs ne peuvent s'opposer l'un à l'autre, ils sont complémentaires,
interdépendants et ne vivront pas l'un sans l'autre.
►
LES ATTENTES DE LA FNSEA
1/
Deuxième pilier
Nous
attendons une consolidation du financement national : l'augmentation de la
modulation ne doit pas être l'occasion pour l'État de se désengager mais au
contraire de maintenir les actions entreprises (PHAE), de tenir les engagements
d'Hervé Gaymard en faveur de la montagne (ICHN) et de dégager les nouveaux
moyens (contrepartie de la modulation supplémentaire) afin notamment d'améliorer
les soutiens à l'agriculture biologique et à la compensation des handicaps
naturels.
2/
L'élevage
L'élevage
français souffre, les producteurs subissent de fortes baisses de revenu. Pour
redonner espoir, compétitivité et perspectives d'avenir à ce secteur, nous
attendons :
-
Une revalorisation des primes ovines,
-
Une reconnaissance de la réalité économique de la
production à l'herbe sans remettre en cause les autres systèmes fourragers et
tout en incitant à la réduction de notre déficit en protéines,
-
Et compte tenu du devenir des quotas laitiers, anticiper
un soutien au lait produit dans les zones de montagne et de piémont.
3/
Les grandes cultures
Le secteur des grandes cultures fait
l'objet de trop nombreuses et injustes attaques. Après les procès sur les
intrants, les pesticides, les OGM, la faim dans le monde avec les
biocarburants... et maintenant celui des soutiens. La France est très
diversifiée et chaque secteur connaît des situations difficiles, les grandes
cultures comme les autres; et nous devons défendre cette diversité.
Le
secteur des grandes cultures ne peut contribuer seul à la réorientation des
soutiens. La FNSEA avait demandé comme préalable que tous les soutiens soient
mis sur
la table.
Chacun, céréaliers et
éleveurs, doit, en fonction de ses références, apporter au " pot
commun ".
Le montant des prélèvements doit être établi dans des proportions acceptables ;
sans oublier que tout cela c'est pour des paiements qui interviendront à fin
2010 et que l'on ne peut prévoir quelle sera la situation de
marché qui prévaudra à ce moment là. Les conséquences seront différentes
si on connaît alors les prix de 2007 ou ceux de
2005.
4/
La politique agricole commune ne pourra jamais se réduire à la seule
distribution d'un DPU aux exploitations. Si certains imaginent que leur seul avenir passe par un
" bon DPU " ; ils font fausse route.
C'est pour nous l'enjeu
fort de l'assurance et de la gestion des risques et aléas et de l'organisation
des productions. C'est pour cela que la FNSEA a souhaité affirmer,
particulièrement lors du congrès de Nantes, sa volonté de développer et
renforcer l'organisation économique.
Chacun doit y participer et nous avons
un énorme chantier à travailler pour, face au recul de la gestion des marchés,
développer ce type d'outils. Actuellement par exemple
le secteur porcin est en crise et ne dispose d'aucune
mesure pour y faire face.
5/
L'application des mesures nationales du bilan de santé est pour
2010
Les premiers ajustements auront lieu
alors que nous serons déjà dans les débats de l'après 2013. Il nous parait
important d'avoir une volonté de rapprochement des niveaux de soutiens entre les
producteurs tout en le faisant avec progressivité dans l'application du bilan de
santé.
Ce qui sera fait doit donner de la légitimité
à la PAC pour demain tant en France qu'au niveau de l'Union
européenne
La
Commission européenne a reconnu la justification de certains recouplages :
dans notre logique française, il serait peu judicieux de ne pas les utiliser. Un
découplage total des aides du premier pilier n'est pas une nécessité pour
l'instant pour le secteur animal. On peut encore garder un lien important entre
la production et le territoire (en particulier pour les vaches
allaitantes).