Historique
1946 - 1956
: Reconstruire la France
12 mars 1946 : la loi sur le rétablissement de la liberté syndicale
est publiée.
14 mars 1946 : dans la nuit du 13 au 14 mars lors de son Congrès
constitutif, la FNSEA, alors composante de la Confédération générale de
l'Agriculture, élit son premier président, Eugène FORGET, qui fait
voter à mains levées le serment de l'unité paysanne. Dans cette
période d'après-guerre, la FNSEA encourage les agriculteurs à accentuer
leurs efforts pour la reconstruction du pays. Un effort récompensé en 1949
par la disparition des tickets de rationnement. Le serment de l'unité
d'Eugène FORGET trouve une déclinaison dans le protocole adopté en février
1951 sur les rapports entre la FNSEA, la CGA et les Chambres
d'Agriculture. Ces dernières s'engagent à ne pas donner d'avis aux
Pouvoirs publics sans avoir préalablement consulté les fédérations
d'exploitants. Constitué en 1954, le Cercle national des jeunes
agriculteurs devient en mars 1956 un syndicat adhérent à la FNSEA, le
Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA).
1956 - 1966
: Moderniser
l'agriculture
Cette période est marquée par
l'essor de la mécanisation et, par voie de conséquence, par
l'accroissement des investissements, des rendements mais aussi par les
lois d'orientation de 1960 et de 1962 et par l'ouverture sur le
marché européen. Les agriculteurs demandent la généralisation d'un système
de garantie des prix. Dans le même temps, les disparités entre les
revenus agricoles et ceux des autres catégories socio-professionnelles se
creusent. Le mécontentement gagne les campagnes. L'exode rural s'amplifie.
La FNSEA décide de ne plus participer à "l'action civique"
entreprise en 1951, action qui visait à influencer le Gouvernement et les
Pouvoirs publics en faisant élire des agriculteurs à l'Assemblée
Nationale.
A l'époque, le jeu des
apparentements aidant, les élections législatives amenèrent 88
agriculteurs sur les bancs de l'Assemblée, dont les deux-tiers se
réclamant de l'action civique. La FNSEA qui s'inquiète de la disparition
de l'indexation des prix agricoles, de l'insuffisance des surfaces,
de l'accroissement des coûts de production, de l'augmentation de
l'endettement, poursuit ses actions de terrain. Elle demande en mars 1959
la convocation anticipée du Parlement. En 1962, la loi d'orientation qui
s'inspire des propositions du CNJA, marque un tournant de la politique
agricole française : politique sociale, politique des structures,
organisation des productions et des marchés.
1966 - 1976
: Développer les
productions
La FNSEA milite pour un
renforcement de la politique des structures et encourage l'installation de
jeunes agriculteurs. 1970 marque un tournant majeur avec les lois du
31 décembre relatives au statut des baux à long terme et aux
groupements fonciers agricoles (GFA). Les années 1970 voient aussi la
naissance des dotations aux jeunes agriculteurs (DJA). Un contrepoids à
l'exode rural se développe dans la cohésion et l'unité professionnelle du
monde agricole. Une unité consacrée à travers le Conseil de l'Agriculture
Française créé en juin 1966 qui regroupe la FNSEA, le CNJA, la
coopération, le crédit, la mutualité agricole et l'Assemblée Permanente
des Chambres d'Agriculture (membre associé). Renforcer l'enseignement, la
formation, la promotion sociale, la recherche, diffuser et vulgariser le
progrès technique, économique et social, accroître la valeur ajoutée
produite, porter des projets de développement agricole et rural deviennent
pour les agriculteurs de véritables priorités. La FNSEA s'investit aussi
dans l'organisation des productions et des marchés, dans la
compensation des handicaps naturels. Cette période voit aussi le lancement
de la première conférence annuelle agricole avec le Gouvernement. Déjà, la
crise économique pointe et perturbe l'évolution agricole.
1976 - 1986
: Conquérir les
marchés
L'instabilité des échanges
internationaux accroît les disparités de revenus entre les agriculteurs et
le reste de la population : en 1982, le revenu agricole moyen n'équivaut
pas celui de 1972. La sécheresse de 1976 accentue le phénomène. Les
agriculteurs de la FNSEA se mobilisent afin d'organiser la
solidarité à tous les échelons (opérations paille). La loi de
modernisation de 1980 vise à renforcer la compétitivité des entreprises
agricoles alors que les agriculteurs français se sont lancés à la conquête
de marchés extérieurs, d'abord européens, puis internationaux.
Malgré les insuffisances
certaines, cette loi est bien accueillie par les agriculteurs et le
syndicalisme. Un an plus tard, l'Europe s'élargit avec l'entrée de
la Grèce (1981), de l'Espagne et du Portugal (1986), ce qui nourrit autant
de craintes que l'application des quotas laitiers
(1984).
1986 - 1996
: Elargir les
missions
Au cours de cette décennie,
l'agriculture française prend véritablement une dimension européenne. Avec
l'agro-alimentaire, elle accroît sa part dans l'excédent de la balance
commerciale (18,5 milliards de francs en 1986, près de 50 milliards en
1995). La FNSEA pèse de tout son poids dans la réforme de la Politique
Agricole Commune et dans les négociations du volet agricole du
GATT. Elle s'affirme ainsi comme le fer de lance de l'agriculture
européenne et rassemble à Strasbourg près de 100 000 personnes, le
1er décembre 1992, pour demander la renégociation de l'accord
de Blair House. La FNSEA est aussi soucieuse d'assurer un
développement harmonieux et équilibré du territoire, dans le
souci du maintien de l'emploi en agriculture et dans les zones rurales.
Elle se rapproche des élus locaux des artisans et des commerçants et
rassemble le 29 septembre 1991 près de 300 000 personnes cours de
Vincennes à Paris. Pour sensibiliser les Parisiens sur ce sujet, elle
participe à la grande moisson sur les Champs-Elysées organisée en 1990 par
le CNJA. La FNSEA poursuit sa réflexion sur l'Europe agricole, en
explorant notamment les voies de l'élargissement aux pays d'Europe
Centrale et Orientale et les moyens de conforter l'agriculture
mutifonctionnelle (fonction économique de production, fonction
territoriale et environnementale, fonction sociale) qui fonde l'identité
agricole européenne.
1996 - 2003 : Répondre aux nouveaux
enjeux
Le métier d'agriculteur doit
s'adapter à d'importants changements. Depuis la crise de la " vache
folle " la question de la sécurité des aliments est
omniprésente et l'activité agricole doit répondre aux attentes de
consommateurs de plus en plus exigeants.
La FNSEA, faisant fi du
productivisme auquel ses détracteurs voudraient la réduire, prend position
en faveur de l'agriculture raisonnée et d'un développement de
l'agriculture vers des productions non alimentaires. Elle s'attache aussi
à sécuriser le revenu des agriculteurs par des outils publics de gestion
des marchés, protestant contre le démantèlement systématique des
organisations communes de marché (OCM) qu'annonçait la réforme de la
PAC.
Après la nouvelle réforme de
la PAC adoptée en 1999 et la mise en place d'Agenda 2000, la FNSEA s'est
efforcée de redéfinir la mission des paysans par le concept de
multifonctionnalité, consacré par la loi d'orientation de
1999 : produire des produits sains d'origine connue, occuper et gérer
l'espace en préservant la nature, contribuer à l'emploi et à l'animation
du milieu rural. Elle organise, en février 2002, un grand rassemblement au
Palais des sports sur le thème " L'agriculture au cœur de nos
campagnes " et consacre son congrès de 2003 à la ruralité.
Puis, alors que débutent les
discussions sur une nouvelle réforme de la PAC, la FNSEA rassemble, à
Strasbourg en juin 2002, les agriculteurs européens pour défendre un
modèle agricole et alimentaire européen.
Durant l'été 2003,
fortement marqué par la sécheresse et la canicule, la FNSEA
démontre la capacité de mobilisation de son réseau en organisant une
grande opération de solidarité.
Alors que se préparent
l'élargissement de l'Europe et une nouvelle politique agricole commune,
qui imposera de détacher les aides des volumes produits, le syndicalisme
agricole s'interroge sur l'avenir de l'agriculture et engage une réflexion
sur les moyens d'adaptation aux nouveaux enjeux.
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