Face aux importantes attaques de géomyzes observées sur les semis de maïs en Mayenne, la FDSEA et les JA 53 ont accueilli plusieurs parlementaires sur une exploitation de Nuillé-sur-Vicoin. L’objectif : leur faire mesurer l’ampleur des dégâts et l’urgence de redonner aux agriculteurs des moyens de protection efficaces.
Le 1er juin, la FDSEA et les JA de la Mayenne ont organisé une visite de terrain au Gaec des Baronnières, à Nuillé-sur-Vicoin, en présence des sénateurs Guillaume Chevrollier et Élisabeth Doineau ainsi que de la députée Géraldine Bannier. Cette rencontre avait pour objectif d’alerter les élus sur les conséquences des attaques de géomyzes qui touchent cette année de nombreux semis de maïs dans le département.
Sur l’exploitation, 25 hectares de maïs ont été impactés sur les 80 hectares semés. Treize hectares ont déjà dû être resemés.
Des coûts supplémentaires et un fort découragement
Pour les exploitants concernés, les conséquences sont à la fois économiques et humaines. Au Gaec des Baronnières, le coût du resemis est estimé à environ 350 €/ha, en intégrant les semences, le carburant, le matériel et le temps de travail supplémentaire.
« Il faut tout refaire alors que les maïs étaient bien partis », témoigne Yoann Pichon. Au-delà des dépenses engagées, c’est également le sentiment d’impuissance qui domine chez de nombreux agriculteurs confrontés à ces attaques.
Une réglementation sans solution efficace
Pour la FDSEA et les JA, le problème est désormais clairement identifié : les producteurs se retrouvent privés d’outils de protection efficaces sans qu’une alternative réellement opérationnelle ne soit proposée.
« Les semis avaient été réalisés dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, la véritable problématique est l’interdiction de certaines solutions de traitement des semences sans solution intermédiaire crédible », a rappelé Samuel Gouel, président de la FDSEA 53.
Depuis l’interdiction du Sonido en 2018, les possibilités de lutte contre la géomyze sont extrêmement limitées. Le Lumiposa constitue aujourd’hui la principale solution préventive disponible, sans pour autant garantir une protection suffisante dans toutes les situations.
« Aucune solution curative n’existe actuellement. Nous demandons des solutions alternatives efficaces et une harmonisation des règles au niveau européen », ont souligné les responsables syndicaux.
Une facture qui pourrait atteindre plusieurs millions d’euros
Les premiers retours du terrain montrent que la situation dépasse largement quelques cas isolés. Selon les estimations réalisées par les réseaux FDSEA et JA, près de 30 % des surfaces de maïs mayennaises pourraient être touchées, soit entre 30 000 et 40 000 hectares.
Compte tenu des coûts de resemis observés, l’impact économique pour l’agriculture mayennaise pourrait être compris entre 6,7 et 18 millions d’euros.
Porter la voix des agriculteurs
À travers cette rencontre, la FDSEA et les JA ont souhaité rappeler aux parlementaires que les agriculteurs ne peuvent être laissés sans solution face à des impasses techniques de plus en plus nombreuses.
Le maïs demeure un pilier essentiel de l’autonomie fourragère des élevages mayennais. Dans ce contexte, le réseau syndical continuera d’interpeller les pouvoirs publics afin d’obtenir des réponses concrètes, fondées sur la science et compatibles avec les réalités économiques des exploitations.




