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Les retraites au cœur des discussions

Les 15 et 17 juin, la MSA et la FDSEA 53 ont organisé quatre réunions d’information (Chemazé, Changé, Villaines-la-Juhel et Ernée) à destination des futurs retraités agricoles. L’essentiel à retenir.

Qu’est-ce qui change concrètement avec la réforme permettant l’application des 25 meilleures années ?

Jusqu’au 31 décembre 2025, la retraite de base des exploitants agricoles reposait sur un système à deux composantes : une part forfaitaire, liée à la durée d’activité, et une part proportionnelle, calculée en points selon les revenus perçus tout au long de la carrière. Ce fonctionnement ne reflétait pas toujours fidèlement la réalité des parcours agricoles, souvent marqués par des revenus irréguliers. Désormais, la retraite de base est déterminée uniquement à partir des 25 meilleures années de revenus. Ce mode de calcul rapproche les exploitants agricoles des règles déjà appliquées aux salariés et aux travailleurs indépendants.

Qui est concerné ?

Cette réforme s’applique aux personnes ayant exercé une activité de non-salarié agricole, que ce soit à titre principal ou secondaire, et qui prennent leur retraite à partir du 1er janvier 2026. Il est important de préciser que cette évolution concerne uniquement la retraite de base. La retraite complémentaire obligatoire (RCO), quant à elle, n’est pas modifiée.

Quels profils d’agriculteurs en bénéficieront le plus ?

La réforme vise principalement à atténuer l’impact des années les plus difficiles. Elle devrait donc profiter en priorité aux exploitants dont la carrière a été marquée par des revenus fluctuants. C’est notamment le cas des agriculteurs ayant connu des aléas climatiques, des crises économiques ou des événements personnels ayant impacté temporairement leur activité. En revanche, elle ne garantit pas automatiquement une hausse significative de la pension pour tous. Son effet dépendra fortement du parcours individuel de chaque assuré.

Comment sont prises en compte les carrières atypiques ?

Les carrières agricoles sont souvent diversifiées : installation tardive, périodes de faibles revenus, pluriactivité ou changement de statut. Dans ces situations, le principe des 25 meilleures années s’adapte. Pour les assurés ayant cotisé à plusieurs régimes — on parle alors de  » poly-pensionnés  » — les 25 années ne sont pas sélectionnées sur l’ensemble de la carrière, mais réparties entre les différents régimes, au prorata du temps cotisé dans chacun.

Qu’en est-il de la garantie de retraite à 85 % du Smic ?

En parallèle de la retraite de base, les exploitants agricoles bénéficient d’une retraite complémentaire obligatoire (RCO), calculée en points. Celle-ci n’est pas modifiée par la réforme. Cependant, certains assurés peuvent bénéficier d’un dispositif spécifique : le complément différentiel de RCO. Celui-ci a pour objectif de garantir un niveau minimum de retraite. Depuis le 1er novembre 2021, ce complément permet de porter la pension globale à 85 % du Smic net agricole. Au 1er janvier 2026, cela représente un montant minimum de 1 214,40 euros par mois.

Quelles sont les conditions pour en bénéficier ?

Ce complément s’adresse aux chefs d’exploitation remplissant plusieurs critères, notamment : avoir exercé une activité agricole à titre exclusif ou principal pendant une durée minimale ; justifier d’un certain nombre d’années en tant que chef d’exploitation (au moins 17,5 ans) ; bénéficier d’une retraite à taux plein, et avoir fait valoir l’ensemble de ses droits auprès de tous les régimes de retraite obligatoires. Le dispositif tient compte de l’ensemble des pensions perçues, tous régimes confondus, afin d’assurer ce niveau minimal.

Cette réforme aura-t-elle un impact sur ce complément ?

Indirectement, oui. Même si le calcul de la RCO ne change pas, l’augmentation potentielle des droits en retraite de base pourrait entraîner une révision du complément différentiel à partir de 2028. En effet, ce complément s’ajuste en fonction du montant global des pensions perçues.