Les intempéries de début janvier ont provoqué des retards, voire une absence de collecte dans certaines exploitations laitières. Malgré l’obtention de dérogations auprès de la préfecture pour autoriser les camions de collecte à circuler, ce sont entre 10 et 12 millions de litres de lait que les producteurs de lait ont dû jeter sur les régions Bretagne et Pays de la Loire.
Depuis 3 semaines se pose la question de la prise en compte de ces volumes jetés. Certains industriels, notamment de la coopération laitière, ont décidé de les prendre en charge. Nous saluons cette décision responsable qui permet de lever auprès des éleveurs un motif d’inquiétudes dont ils n’ont pas besoin dans le contexte actuel.
D’autres mettent en place des mécanismes de mutualisation. Si cette approche peut s’entendre dans un modèle collectif, un tel mécanisme doit se faire en totale transparence avec les éleveurs ! Par ailleurs, elle ne doit en aucun cas déresponsabiliser la laiterie sur ses obligations de collecte car c’est bien la laiterie qui est responsable de la collecte et non le producteur. La laiterie ne peut pas faire porter cette responsabilité aux éleveurs.
Mais, aujourd’hui encore, certains producteurs n’ont toujours pas eu de réponse à leur demande de prise en charge par leur laiterie. C’est inadmissible et une telle attitude entame largement la confiance des producteurs envers leur collecteur.
Sur un préjudice non assurable pour les éleveurs et dont ils n’ont pas la responsabilité, les laiteries doivent assumer leur part de risques. L’activation du cas de force majeure ne doit pas devenir l’unique porte de sortie dans la gestion d’un tel dossier. Les OP sont le lieu incontournable pour conduire les discussions avec les entreprises. Elles ont en charge la gestion des volumes de leurs adhérents. La FRSEA Ouest section laitière demande aux laiteries de s’inscrire rapidement dans cette dynamique. Les producteurs concernés en ont assez d’attendre !