À l’approche des élections municipales, la notice explicative adressée aux candidats attire notre attention sur une anomalie préoccupante concernant la nomenclature des catégories socioprofessionnelles demandée lors du dépôt des candidatures. Un point que la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Mayenne avaient déjà soulevé aux précédentes élections.
En effet, contrairement à l’ensemble des autres professions, les agriculteurs et agricultrices sont contraints d’indiquer non seulement leur activité, mais également la taille de leur exploitation, distinguée entre « petite », « moyenne » ou « grande » exploitation. Aucune autre profession ne se voit imposer une telle distinction interne ! Cette situation constitue une différence de traitement injustifiée et incompréhensible.
Au-delà du principe même, cette classification pose plusieurs problèmes majeurs. D’abord, elle entretient une vision caricaturale et administrative du métier d’agriculteur, sans d’ailleurs préciser les critères permettant de définir ces catégories, qui peuvent varier fortement selon les productions, les territoires ou les modèles économiques. Ensuite, elle introduit une forme de stigmatisation en singularisant une profession déjà confrontée à de nombreuses difficultés et à un manque de reconnaissance de son rôle essentiel dans la société.
L’engagement municipal repose sur des valeurs d’égalité, de proximité et de représentation équilibrée de l’ensemble des citoyens. Rien ne justifie que les agriculteurs soient les seuls candidats soumis à une classification supplémentaire, qui plus est floue et potentiellement source d’interprétations arbitraires.
Nous demandons donc que cette disposition soit revue dans les meilleurs délais afin de garantir un traitement équitable entre toutes les professions. Les agriculteurs, pleinement investis dans la vie locale et l’aménagement de nos territoires, doivent être considérés comme tous les autres citoyens souhaitant s’engager au service de leur commune.
Nous resterons particulièrement vigilants sur ce sujet et nous appelons les pouvoirs publics à corriger rapidement cette incohérence.

