Le virus Shamonda Europe a été détecté dans une dizaine de départements en France. Le point sur les conséquences de ce nouveau virus, également repéré en Suisse et en Allemagne.
Le virus Shamonda Europe se propage en France
L’été avait bien commencé en Bretagne et dans les Pays de Loire, sans cas confirmés de FCO 3 et 8. Mais depuis début juillet, des cas de diarrhée aiguë, de fièvre, d’abattement et de baisse de production laitière sont apparus dans plusieurs départements de l’Est de la France, ainsi qu’en Suisse et dans le sud-ouest de l’Allemagne.
Début août, l’École nationale vétérinaire de Toulouse a identifié un nouveau virus, baptisé Shamonda Europe. Il appartient à la famille des Orthobunyavirus et est proche du virus de Schmallenberg, apparu en Allemagne en 2011. Il présente également 90 % de similitude avec le virus Shamonda, présent notamment en Afrique et au Japon.
Une transmission par les moucherons
Comme la FCO, Shamonda Europe est un arbovirus transmis par les piqûres de moucherons du genre Culicoides. Le virus se propage rapidement en Europe : des cas ont été signalés en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Autriche et dans plusieurs départements français.
Chez les bovins, les principaux symptômes sont une forte fièvre, des diarrhées durant 1 à 6 jours et une importante baisse de production laitière, pouvant atteindre 15 à 75 % chez les animaux malades. Entre 5 et 100 % des animaux d’un cheptel peuvent être touchés.
Des conséquences possibles sur les gestations
Le principal risque concerne la reproduction. Comme d’autres virus de cette famille, Shamonda Europe peut traverser le placenta et provoquer, selon le stade de gestation, des mortalités embryonnaires, des avortements ou des malformations congénitales chez les veaux, notamment des anomalies nerveuses ou articulaires.
Des vagues d’avortements ont déjà été observées trois à quatre semaines après les premiers épisodes de maladie. Les observations de l’automne et de l’hiver permettront de mieux mesurer l’impact du virus. Les conséquences chez les ovins et caprins restent encore inconnues.