La publication, de l’arrêté ministériel fixant la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) du groupe 2 à mis fin à plusieurs semaines d’incertitude. Pour les agriculteurs, les chasseurs et les piégeurs, ce texte permet de retrouver des moyens de régulation indispensables face aux dégâts causés par certaines espèces.
Pour la FNSEA cette publication constitue une véritable avancée. L’absence de nouvel arrêté avait en effet créé un vide juridique de près de deux mois, empêchant toute action de chasse ou de piégeage sur les espèces concernées. Une situation particulièrement préoccupante pour le monde agricole, alors que les dégâts sur les cultures peuvent représenter des pertes importantes.
Le corbeau freux finalement maintenu
L’un des principaux enjeux de ce nouvel arrêté concernait le corbeau freux. Dans le projet initial, son absence de la liste des Esod avait suscité de nombreuses inquiétudes, en réduisant fortement les possibilités d’intervention pour protéger les cultures.
Face à cette perspective, le réseau s’est rapidement mobilisé auprès du ministère, mais aussi des parlementaires et des préfets, afin d’obtenir des explications et de défendre le maintien de cette espèce dans le dispositif.
Le texte finalement publié confirme le classement du corbeau freux. Pour Sylvain Piet, cette décision montre l’importance de rester vigilant sur ces dossiers. La mobilisation permet aujourd’hui de préserver un outil de régulation, mais elle rappelle également que les moyens dont disposent les agriculteurs peuvent rapidement être remis en question.
Trois ans de visibilité pour mieux agir
Au-delà du cas du corbeau freux, le classement Esod représente un outil stratégique pour les exploitants agricoles. Sa durée de trois ans offre une visibilité indispensable pour organiser la gestion des populations concernées et mettre en place des actions de régulation adaptées.
Cette possibilité apparaît d’autant plus importante dans un contexte agricole déjà fragilisé par les conditions météorologiques. Les conséquences des épisodes climatiques difficiles risquent de peser lourdement sur les exploitations dans les mois à venir. Pour limiter autant que possible les pertes supplémentaires, disposer de différents moyens d’action, notamment le tir et le piégeage, reste donc essentiel.
Le retour de la pie bavarde montre l’importance des déclarations
Autre évolution notable de l’arrêté : le retour de la pie bavarde parmi les Esod du groupe 2. L’espèce avait été retirée de la liste en mai 2025, notamment parce que le montant des dégâts déclarés avait été jugé insuffisant.
Son retour constitue un signal encourageant. Il démontre qu’une espèce peut retrouver son classement lorsque les dommages sont suffisamment documentés et que les données disponibles permettent d’étayer le dossier.
Cette situation met toutefois en lumière un enjeu majeur : la nécessité, pour les agriculteurs, de déclarer systématiquement les dégâts constatés sur leurs exploitations. Ces données sont essentielles pour alimenter les dossiers examinés par les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) et justifier le maintien des espèces dans le classement Esod.
« Ne laissons pas disparaître nos moyens de régulation »
La récente évolution du classement doit donc servir d’avertissement. Le maintien ou le retour d’une espèce dans la liste des Esod dépend notamment de la capacité à démontrer concrètement l’ampleur des dégâts qu’elle occasionne.
Chaque déclaration compte, quelle que soit l’espèce concernée. Sans données suffisamment nombreuses et précises, il devient beaucoup plus difficile de défendre la nécessité d’une régulation.
Le message adressé aux agriculteurs est donc clair : face aux dégâts constatés dans les exploitations, la déclaration constitue un acte essentiel. Elle permet de documenter la réalité du terrain et de préserver, à l’avenir, les moyens nécessaires à la protection des cultures.
La récente situation autour du corbeau freux et de la pie bavarde rappelle ainsi que le classement Esod n’est jamais définitivement acquis. La mobilisation, mais aussi la remontée régulière des dégâts constatés sur le terrain, restent indispensables pour conserver ces outils de régulation.
| La liste des espèces d’animaux classées susceptibles d’occasionner des dégâts pour le département de la Mayenne (53) – Renard : ensemble du département. – Fouine : ensemble du département. – Corbeau freux : ensemble du département. – Corneille noire : ensemble du département. – Pie bavarde : ensemble du département. – Etourneau sansonnet : ensemble du département. Dans le département de la Mayenne, la fouine ne peut être détruite que par piégeage. |
