Réunis en Conseil d’administration lundi 12 octobre, les élus de la FDSEA53 ont reçu Jean-Luc Duval, président de La Coopération Agricole (LCA) depuis juillet dernier. L’occasion d’échanger avec lui sur le rôle de la Coopération, ainsi que sur sa vision des filières agricoles pour l’avenir. Extraits des débats tenus…
A la question des intérêts d’être producteur plutôt pour une coopérative que pour une entreprise privée, Jean-Luc Duval a notamment répondu qu’« il ne fallait pas oublier que dans les coopératives, il y a un investissement assez fort sur la technique et le suivi, et une proximité avec les adhérents. Si on supprime l’ensemble de nos techniciens territoriaux et autres, on pourrait peut-être vendre la dose de maïs un peu moins chère ou être plus compétitifs sur certaines choses. Mais ce n’est pas notre choix. On souhaite être physiquement sur le terrain. On l’a vu cet été avec la canicule. Faire communauté, ce n’est pas que faire du business, c’est aller voir l’adhérent, faire un bilan fourrager pour le rassurer sur ses stocks, définir une stratégie d’exploitation, éviter de paniquer. «
Sur les opportunités à tirer de la fusion entre Agrial et Terrena, le président de LCA a indiqué auprès des élus de la FDSEA qu’« il y a la nécessité d’avoir une stratégie à 20 ou 30 ans pour l’agriculture du Grand Ouest. Cette fusion s’y inscrit. L’Autorité de la concurrence veille bien au fait que l’on garde de la concurrence à l’appro et autres. Ce sujet est un faux débat. J’ai plutôt envie d’avoir une vision moyen et long terme sur l’agriculture de nos territoires et de nos exploitations. Celui qui ne voudra pas travailler avec nous aura toujours moyen de trouver autre chose. Par contre, on a une obligation de résultat. »
Et que pense-t-il du poids des producteurs dans la contractualisation et les négociations commerciales ? Jean-Luc Duval répond : « La France a laissé se concentrer de façon trop importante sa distribution. Et pour les agents économiques que nous sommes, la situation fait que notre modèle possède une marge de manœuvre quasiment inexistante. Les cinq groupes de grande distribution en France ont le droit de s’associer pour négocier avec nous. Pour rattraper ça, on a fait des Egalim 1, 2, 3, 4… Si on laissait faire, on en aurait peut-être jusqu’à 25. Nous avons de meilleures relations avec les GMS hors de nos frontières, et on gagne un peu plus d’argent avec eux. Il y a un vrai sujet autour de la valeur ajoutée dégagée par l’agroalimentaire français, et notamment l’agroalimentaire à capitaux agricoles. «