Réuni pour son 80e congrès à Caen (14) les 31 mars, 1er et 2 avril, le syndicat majoritaire a engagé une mue profonde pour répondre aux défis de la représentativité et de proximité avec le terrain. L’actualité de la crise du GNR et des engrais était également présente dans toutes les têtes.
Le message porté lors de ce 80e congrès est sans équivoque : il s’agit de « se transformer pour reconquérir », a indiqué Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, cette démarche impose de regarder le fonctionnement interne avec lucidité pour rester une force de proposition légitime. Cette réflexion traduit une volonté d’« huiler les maillons du réseau » entre les échelons départementaux (FDSEA), régionaux (FRSEA) et les associations spécialisées (AS). Le pivot de cette réforme est la mise en place d’un contrat d’adhésion avec des niveaux de services que les fédérations pourront apporter à leurs adhérents. Comme l’a souligné le secrétaire général Hervé Lapie, « l’exigence de proximité est une priorité absolue pour construire et garder la confiance des agriculteurs ». Pour soutenir cette ambition, la FNSEA engage une réforme radicale de ses finances. « On part d’une page blanche », affirme Éric Thirouin, trésorier. La transformation passe également par une revitalisation des échelons locaux. Nicolas Boulé, de la FDSEA de la Manche, a rappelé que le « maillon central » reste le syndicat cantonal. C’est sur le terrain, par l’explication et l’accompagnement, que se gagne l’adhésion. Pour Marie-Amélie Viargues (Aveyron), l’animation est le pivot entre le local et le départemental. L’esprit de cette réforme est aussi de revenir aux fondamentaux du Serment de l’Unité paysanne de 1946 : se rassembler pour défendre les entrepreneurs du monde rural. Cette solidarité retrouvée doit permettre de « recréer de l’engagement pour retrouver les victoires qui se voient et qui se vivent », a insisté Jérôme Despey, premier vice-président.
Menace de mobilisations syndicales
Le ton est monté d’un cran lorsque les sujets de la flambée du prix des carburants, des engrais et de la concurrence déloyale ont été abordés. Le président de la FNSEA a prévenu : sans mesure forte « dans les prochains jours », le syndicat appellera de nouveau à la mobilisation. « Mon message au Premier ministre [rencontré lundi] a été très clair : nous ne voulons pas de mesurettes. Il nous faut une remise de 30 centimes du litre de GNR (gazole non routier) en pied de facture pour le carburant. Tout de suite ! », a-t-il lancé, sous les applaudissements de la salle bondée du parc des expositions de la ville normande. Il a aussi estimé qu’il fallait « d’urgence faire fléchir » la Commission européenne sur la taxe carbone aux frontières sur les fertilisants : « Nous ne pouvons pas, dans le contexte géopolitique que nous connaissons, voir les engrais s’envoler », a-t-il dit. « Il faut être clair sur ce que nous voulons apporter. Il faut être clair sur la réciprocité. Il faut être clair sur les contrôles. Ce qui se passe actuellement n’est pas supportable pour l’agriculture française », a-t-il martelé.
| Extrait de l’intervention d’Anthony Ménard, président de la FRSEA Pays de la Loire, lors de l’expression des régions. Sans revenu, pas d’agriculture. « Soyons clairs : sans prix rémunérateurs, pas de revenu. Sans revenu, pas d’agriculture. On peut empiler les normes, parler de transitions… si le producteur ne vit pas de son travail, tout le reste n’est que littérature. On n’attirera aucun talent si on ne leur dit pas qu’on gagne notre vie. C’est pour ça que nous assumons un syndicalisme économique de combat. Notre réseau doit être une machine à créer de la valeur. Notre réseau doit être entrepreneurial y compris nos structures syndicales pour continuer d’avoir les moyens de défendre notre métier. Arnaud, tu as lancé le chantier de la transformation. C’est la bonne voie pour ce défi, mais en Pays de la Loire nous serons vigilants et exigeants. » |
Un conseil d’administration féminisé
Comme tous les 3 ans, en année élective, la FNSEA a renouvelé son conseil d’administration, parvenant à atteindre un taux de 28 % de femmes (pour un objectif fixé à 25 %). Sur les 68 membres du conseil, 26 administrateurs ont été renouvelés. Les administrateurs élus pour la région Pays de la Loire sont Agnès Texier (85), Frédéric Vincent (49), Denis Pineau (72) et Brice Guyau (85 – élu sur la liste nationale). L’élection du bureau aura lieu le 16 avril prochain. Arnaud Rousseau est candidat à un second mandat de président du syndicat.

Délégation FNSEA Pays de la Loire avec nos élus de la FDSEA 53 au 80ᵉ Congrès national de la FNSEA

