Pour indemniser les impacts de la sécheresse et de la canicule, le ministère de l’Agriculture aurait-t-il prévu de faire l’impasse sur la situation des éleveurs de ruminants ? Serons-nous une fois de plus traités par le mépris ?
Le ministère communique sur les prochains versements aux agriculteurs et la hausse du taux d’avance de l’ISN, mais aucune réponse n’a été donnée à la demande commune portée par la FNB, la FNPL, la FNO et la FNEC, d’un lancement d’urgence d’expertises terrain par les Préfets sur les pertes de pousse d’herbe des prairies ! Suite à nos alertes répétées, une délégation de nos quatre fédérations avait été reçue au ministère le 22 juillet sur ce sujet précisément, depuis « silence radio » !
Les insuffisances et carences de la mesure par satellite sont pourtant amplement connues. Des expertises terrain officielles diligentées par les Préfets sont donc indispensables pour apprécier réellement l’ampleur des dégâts et le besoin de compensation.
L’élevage ne peut être le seul laissé pour compte, alors que les autres productions bénéficient d’un dispositif d’expertise terrain, et vont donc à juste titre pouvoir obtenir des versements de compensation.
Les effets cumulés de la sécheresse et des épisodes répétés de canicule ont littéralement grillé l’herbe qui était disponible, et ils ont amputé de façon exceptionnelle la pousse de juin et juillet. Les témoignages des éleveurs se multiplient pour signaler un phénomène historique. La situation de l’élevage est d’autant plus grave que les éleveurs doivent chaque jour nourrir les animaux, et nombreux sont ceux qui ont attaqué les stocks d’hiver. Nous pouvons donc parler de pousse négative pour nous cet été.
Les productions de ruminants se situent dans une situation critique, aggravée par des prix toujours insuffisants, et en forte chute pour certains de nos secteurs, ce qui grève la rentabilité face aux coûts de production élevés. La décapitalisation est en cours depuis des années, et elle peut être amplifiée par cette nouvelle crise. Il est crucial pour les éleveurs d’avoir de la visibilité sur les compensations sécheresse. Les pouvoirs publics ne peuvent pas délibérément sacrifier l’élevage !