Samuel Gouel et Erwan Pineau, présidents de la FDSEA53 et de JA53, réagissent à l’adoption du projet de loi d’urgence agricole en Conseil des ministres. S’ils saluent un signal attendu, ils jugent le texte trop hétéroclite et en décalage avec la réalité des agriculteurs. Selon eux, il revient désormais aux parlementaires de le renforcer pour apporter des réponses concrètes et durables à la crise.
L’adoption du projet de loi d’urgence agricole en Conseil des ministres ce 8 avril envoie un signal attendu au monde agricole, après les mobilisations de l’hiver dernier. Elle traduit une volonté politique de répondre à une crise profonde. Mais derrière cette annonce, le texte laisse une impression contrastée. Trop hétéroclite, parfois décousu, il s’apparente à un « fourre-tout » mêlant eau, élevage, relations commerciales, foncier ou sécurité, sans réelle cohérence d’ensemble. Certes, le projet dépasse les annonces initiales et intègre des revendications syndicales anciennes. Pourtant, il apparaît déjà en décalage avec la réalité que vivent les agriculteurs. Face à une crise structurelle qui fragilise les exploitations, la réponse attendue devait être forte et structurante. Elle ne l’est pas. L’affichage de « l’urgence » ne suffit plus : le temps des demi-mesures est révolu. Dans un contexte aggravé par les tensions internationales, l’enjeu est clair : garantir la souveraineté alimentaire et assurer la viabilité économique de l’agriculture sur tout le territoire. Cela suppose une politique de l’eau ambitieuse, un accès équitable aux moyens de production, une lutte efficace contre la prédation et une meilleure protection du revenu, notamment via la contractualisation. C’est désormais aux parlementaires de renforcer ce texte pour répondre concrètement aux attentes du terrain.
Samuel Gouel et Erwan Pineau, présidents de la FDSEA53 et de JA53