À l’appel de la FDSEA 53 et des JA 53, une soixantaine d’agriculteurs se sont mobilisés mercredi devant les Fromageries Perreault à Château-Gontier, pour dénoncer la baisse du prix du lait et demander une revalorisation urgente du prix payé aux producteurs.
Le prix du lait ne couvre plus les charges des exploitations
La mobilisation organisée mercredi matin devant les Fromageries Perreault, à Château-Gontier, avait pour objectif d’alerter sur la situation économique des élevages laitiers. Une soixantaine d’agriculteurs ont répondu à l’appel de la FDSEA 53 et des JA 53.
Pour les deux syndicats, la situation est devenue particulièrement préoccupante alors que le prix du lait payé aux producteurs recule fortement. Le prix de revient 2025 est établi à 482 € les 1 000 litres, alors que le prix payé en 2026 par de nombreux transformateurs ne permet toujours pas de couvrir les charges réelles des exploitations.
« Les producteurs qui livrent notamment aux Fromageries Perreault à Château-Gontier sont payés 403 € les 1 000 litres sur le mois d’août. L’année dernière, ils étaient payés 475 €. On parle donc de plus de 70 € en moins les 1 000 litres sur un an », souligne Samuel Gouel, président de la FDSEA 53.
Pour une exploitation mayennaise produisant entre 700 000 et 800 000 litres de lait par an, cette baisse représente un manque à gagner particulièrement important.
Une baisse du prix qui intervient dans une année déjà très difficile
Cette dégradation du prix du lait intervient alors que les élevages doivent déjà faire face à une accumulation de difficultés.
Après un début d’année 2026 très pluvieux, la sécheresse et les fortes chaleurs de l’été ont fortement pénalisé les rendements des prairies et des cultures fourragères. Les éleveurs doivent également faire face à des achats supplémentaires de fourrages et d’aliments.
À ces difficultés s’ajoutent la hausse des coûts de l’énergie et des engrais. Les surcoûts sont estimés à environ 68 € les 1 000 litres en plaine.
« Pour la récolte des maïs fourrage, on peut tabler, en moyenne, sur 50 % de rendements en moins », alerte Samuel Gouel.
La hausse du prix du carburant vient encore alourdir les charges des exploitations. Selon la FDSEA 53, la facture a augmenté de plus de 50 % par rapport à l’année dernière.
« Il faut que le prix du lait remonte »
Face à cette accumulation de difficultés, la FDSEA 53 et les JA 53 demandent une revalorisation du prix du lait payé aux producteurs.
« L’année est extrêmement compliquée pour les agriculteurs. Comment fait-on pour s’en sortir si les prix ne remontent pas ? », interroge Samuel Gouel.
Les JA du canton de Château-Gontier, en partie à l’initiative de la mobilisation, étaient également fortement représentés devant les Fromageries Perreault. Tanguy Gauthier, secrétaire général des JA 53, était notamment présent aux côtés des producteurs mobilisés.
La mobilisation a également rassemblé des éleveuses venues du Maine-et-Loire. Productrices de lait à Combrée, trois jeunes agricultrices ont rejoint le rassemblement pour témoigner de leurs propres difficultés.
Pour Marie Rivron, agricultrice à Combrée (Ombrée-d’Anjou), « le prix du lait ne correspond pas du tout au marché actuel ». Elle espère que cette mobilisation permettra de faire évoluer la situation et rappelle que les conséquences de la météo pèsent lourdement sur les exploitations.
La FDSEA 53 et les JA 53 restent mobilisés



