L’Union européenne a rouvert les discussions commerciales avec l’Australie dans un contexte déjà extrêmement tendu pour les filières d’élevage. Dès la reprise des négociations, l’industrie australienne a fait connaître des exigences pharaoniques : 50 000 tonnes de viande bovine pour le marché européen. Pour la FNB, la ligne rouge est une nouvelle fois franchie. Cela suffit de cette Europe passoire ! À chaque négociation commerciale, l’élevage bovin sert de variable d’ajustement.
Alors même que l’Union européenne affiche l’ambition de renforcer sa souveraineté alimentaire et de soutenir son agriculture, elle envisage une nouvelle fois de mettre en concurrence notre modèle d’élevage exigeant, vertueux et encadré par des règles strictes avec des modèles de production qui ne respectent pas nos normes : en Australie, les activateurs de croissance sont autorisés, les normes de bien-être animal pour le transport sont quasi-inexistantes, l’engraissement dans des “feedlots” interdits en Europe est la norme et de nombreuses substances phytosanitaires interdites demeurent autorisées en Australie.
Comment accepter qu’une telle distorsion de concurrence soit organisée par nos propres institutions européennes ? Une fois de plus l’UE veut mettre en concurrence les éleveurs français et européens avec des modèles qui ne respectent pas nos normes. On ne peut pas exiger toujours plus de contraintes aux producteurs européens tout en ouvrant grand la porte à des produits issus de standards inférieurs.
Pour Patrick Bénézit, président de la Fédération Nationale Bovine : « Nous ne laisserons pas l’élevage bovin français être sacrifié sur l’autel du libre-échange. Il est hors de question d’accepter un accord qui augmenterait massivement les importations de viande produite avec des pratiques interdites chez nous. Si l’Europe veut défendre son agriculture et sa souveraineté alimentaire, elle doit commencer par protéger ses éleveurs. Il ne faut plus un seul accord avec des quotas de viande bovine ! »