Vendredi 27 février, la Commission européenne a annoncé sa décision de mettre en œuvre provisoirement le volet commercial de l’accord UE-Mercosur. Concrètement, cela signifie que les réductions de droits de douane et l’ouverture de nos frontières européennes (par là-même l’ouverture de nos marchés agroalimentaires) vont s’appliquer…
Cette décision intervient alors que le Parlement européen avait voté le 21 janvier dernier le renvoi de l’accord devant la Cour de justice de l’Union européenne afin d’en vérifier la conformité avec les traités. Malgré cette procédure en cours, la Présidente de la Commission choisit d’avancer seule.
Pour la FDSEA53 et JA53, il s’agit d’un véritable déni de démocratie ! Passer outre les représentants européens, élus, et engager l’application d’un accord aussi majeur, sans validation complète, est une méthode inacceptable !
Mais au-delà de la méthode européenne, une question politique majeure se pose au niveau national : le Président de la République, Emmanuel Macron, a qualifié cette décision de « mauvaise surprise ». Nous prenons acte de cette déclaration. Toutefois, nous ne pouvons nous empêcher de nous interroger : comment croire qu’une telle décision ait pu être totalement inconnue de notre Chef d’Etat ?
Tout comme nos représentants FNSEA-JA l’ont déclaré sur le Salon International de l’Agriculture, nous le disons alors clairement : si l’on autorise l’entrée massive de produits sud-américains ne respectant ni nos normes sanitaires, ni nos exigences environnementales, ni nos standards sociaux, alors qu’on arrête immédiatement de venir contrôler les exploitations mayennaises !
Nous invitons dès lors nos adhérents à contacter la FDSEA et JA, afin de faire barrage aux contrôles dorénavant prévus !
On ne peut pas, d’un côté, imposer aux agriculteurs français des contraintes toujours plus lourdes, des mises aux normes coûteuses, des contrôles permanents, et de l’autre ouvrir grand nos frontières à des productions qui ne respectent pas ces mêmes règles. C’est une distorsion de concurrence inacceptable !
Nous resterons mobilisés pour défendre notre agriculture, nos exploitations, l’avenir de nos territoires et la qualité de l’alimentation de nos concitoyens.