Mercredi 14 janvier, les adhérents de la FDSEA 53, aux côtés des Jeunes Agriculteurs de la Mayenne, ont mené une action d’ampleur à La Gravelle pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont la signature est annoncée pour ce week-end. Une mobilisation déterminée, à l’image de la colère et de l’inquiétude qui traversent aujourd’hui le monde agricole.
Ouvrir les frontières françaises à des viandes bovines, volailles, sucres et autres productions issues de pays aux standards sanitaires, sociaux et environnementaux bien inférieurs à ceux imposés aux agriculteurs français est jugé inconcevable par les adhérents mobilisés. Depuis plusieurs mois, ils expriment leur opposition à cet accord, symbole d’un manque de protection de l’agriculture européenne.
Une action forte et visible
Près de 200 agriculteurs se sont réunis en début d’après-midi sur l’aire de covoiturage de La Gravelle, sur la D57, où une cinquantaine de bennes de pneus ont été déversées.
Florent Renaudier, président de la FDSEA 53, a rappelé les raisons de cette mobilisation :
« Nous dénonçons l’accord du Mercosur. L’Union européenne ne protège plus ses agriculteurs. Nous adressons aussi un message clair aux parlementaires, qui doivent donner un cap à l’agriculture française. »
Il a également pointé la baisse annoncée de 25 % du budget de la PAC, la création de la taxe sur les engrais (MACF) et l’accumulation de promesses non tenues :
« On nous promet monts et merveilles depuis deux ans : loi Duplomb, loi de modernisation, et maintenant une loi spéciale agricole. Mais sur le terrain, rien ne change. Il y a aujourd’hui une véritable défiance vis-à-vis de la parole publique. »








Contrôle des camions et origine des produits
Les agriculteurs ont ensuite été répartis en trois groupes, positionnés de part et d’autre du péage de l’A81 et au rond-point de la D57. Objectif : contrôler l’origine des marchandises transportées par les camions.
Comme l’a expliqué Mickaël Guilloux, secrétaire général de la FDSEA 53 :
« Nous contrôlons les camions qui montent ou descendent de Paris. S’il n’y a pas au moins 90 % de produits français, ils restent bloqués jusqu’à la fin de l’action, dans le respect des biens et des personnes. »
Entre 15 h et minuit, près de 350 camions ont été contrôlés. Plusieurs ont été immobilisés, notamment en raison de marchandises d’origine étrangère : produits laitiers contenant du lait UE hors France (Italie), ou encore fruits et légumes en provenance d’Égypte et d’Espagne.
« Laissons les agriculteurs français nourrir nos concitoyens ! » a martelé Mickaël Guilloux.









Des revendications portées en préfecture
En fin d’après-midi, une délégation composée de Florent Renaudier (FDSEA 53), Étienne Dalibard (JA 53) et Benoît Faucon (Chambre d’agriculture) a été reçue par la préfète de la Mayenne, Nadège Baptista.
Deux demandes principales ont été formulées :
- L’application stricte de la charte des contrôles,
- Et, si l’accord Mercosur devait être adopté, l’arrêt des contrôles dans les exploitations agricoles.
Les représentants agricoles ont également demandé que le moratoire sur les décisions liées à l’eau, annoncé par le Premier ministre, s’applique au SAGE Vilaine, alors que la Commission Locale de l’Eau doit se réunir ce vendredi 16 janvier.

